Génération Punk
Le Punk, que représente-il aujourd’hui ? Quel est son influence dans l’histoire ? Est-il un modèle pour les nouvelles générations ?
Pour mieux comprendre le punk et son influence :
Au niveau des mouvements :
Après les « Zazous», les «Hippies», les «Rockeurs», les «Mods», voici les «Skinheads», les «Neopunks», les «Cyberpunks», le punk féministe.
Leur base : aucunes barrières, la mixité, le refus des règles imposées, vivre et survivre.
Les Skinheads sont les premiers punks considérés comme mouvement apolitique appelé aussi les «Situationnistes».
Né en 1960 en Angleterre, à la suite des «Mods», (mouvement né dans les années 50 au Royaume-Uni).
Les Mod’s des jeunes, de classe bourgeoise, aimant le jazz et la soul, danser et s’amuser, créèrent un art de vivre festif, égalitaire et mixte.
Mais la « punk attitude » fût venue de la classe ouvrière, qui luttait et dénonçait la précarité. La plupart des jeunes prenaient exemple sur la révolte des noirs, un étendard profondément ancré, c’est pour cela qu’ ils écoutaient du ska, du jazz et du reggae. Ils étaient contre toutes formes de conformisme.
Les partisans s’accordaient et se démarquaient avec leurs looks bottines noires et jeans retroussés à bretelles, têtes rasées et leur cri de ralliement Oi, hey you! pour choquer le « bourgeois ».
Tous étaient contre la xénophobie et le racisme, même si des groupuscules d’extrême droite et nazis se formèrent à controverse et chassèrent des immigrés, ou des personnes issues de l’immigration, la nuit : ils furent appelés les « Bones Heads », têtes d’œuf, crétins par les skinheads puis par les «Antifas» ( dans les années 80) qui à leur tour essayaient de les chasser pour protéger la population, issue de l’immigration et principalement noire, attaquée et agressée à la tombée de la nuit.
Les groupes « Antifas» et « Bones heads» se haïssent et se disputent l’identité skinhead toujours aujourd’hui.
Le mouvement SHARP, « Skinheads contre les préjugés raciaux » naquit aux États-Unis en 1987, comme le mouvement skinhead originel, qui est dénué d’affiliation politique précise et vraiment paisible.
Ce sont eux, vraiment les premiers qui affirmèrent le plus ce coté pacifiste des skinheads. Il existe toujours et en France sous le nom de « Mouvement Français des Skinheads ».
Au niveau des groupes de musique qui ont marqué la scène punk :
«Car la musique est mieux qu’un long discours pour faire passer un message et rassembler les jeunes. »
Par exemple :
Dans les années 80-90, des groupes de filles comme les Bikini Kill prirent les devants et montrèrent leur indignation contre le machisme, le punk féminisme était né.
En effet, le punk se modèle selon les aspirations de ses fondateurs.
Des styles et des variantes se créent et s’affirment encore aujourd’hui : punk rock, punk mélodique, neopunk… mais le classement des genres est complexe. On peut retenir surtout que ce sont les personnes, les identités non formatées, les styles des personnes composant les groupes qui transmettent le mieux cette identité punk, contre la société standardisée et codée par le consumérisme. Chacun choisit son cheval de bataille, le plus souvent la politique néfaste, le capitalisme, la société de consommation mais aussi le machisme, l’amour complexe et formaté, l’introspection, le sexe…
Les Béruriens noirs en France, marquent la scène «Punk alternative» et la solidarité autour de leur discours, ils vivent en communauté (squats) et rassemblent autour d’eux ceux qui luttent contre l’extrême droite et l’égocentrisme.
Jello Biafra, chanteur des Dead Kennedys dès 1978, écologiste et politicien aujourd’hui, continue de tourner dans le monde entier, sur scène et donne toujours son énergie modelée de contestations, au public et nous chante l’illusion du rêve américain et les injustices faites par les grandes sociétés américaines.
On ne peut pas parler de Punk sans parler aussi des membres du groupe Bad Religion sur la scène dès 1979, le « punk rock west cost », fondateurs du label Epitaph et qui ont joué au CBGB; ils prônent l’égalité sociale et la tolérance.
Dans les années 80, sur la côte ouest encore NOFX, le punk mélodique sous le label FatRecords, plus festif et coloré attire la jeune génération avec son langage châtier et méprisant envers le pouvoir, Bush notamment ! Les identités de Fat Mike ou del Jefe montrent la mixité tout d’abord et l’envie d’une vie plus colorée, dynamique et rebelle.
L’ «Emo core punk» : emotional hardcore avec le groupe Fugazi, « Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In », devient aussi par un autre style une forte influence dans le mouvement «Punk américain» et encore aujourd’hui, ils luttent contre l’oppression, le racisme et l’exclusion.
On peut aussi parler des «Neopunks » des années 90, les pas contents du système, ils sont créatifs et développent des mouvements variés les «Cyber punks» de Punish yourself par exemple, en 1994, peinturlurés en fluo, font des performances sur scène et créent une musique plus bruyante et électronique.
En France, La Phaze en 1997, est un des groupes qui créa le «Punk drum n’bass engagé» dont nous pouvons nous rappeler le titre R.A.S contre l’Extrême droite.
Tous ces groupes créent eux mêmes leur label dans le monde entier, avec pugnacité, ils font du «DIY» (Do It Youself), une indépendance salvatrice et revendicatrice.
Dans les années 2000, on peut parler d’un fort retour en arrière, les looks se réaffirment des groupes comme Gossip avec la fameuse Beth Ditto ou des groupes comme Kap Bambino et bien d’autres qui maîtrisent bien l’idéologie et la refont à leur sauce plus électro ou dansante pour les nouvelles générations qui flirtent avec la piste de danse.
Toutes formes de groupes d’hommes et de femmes se sont formés depuis les années 70, le mouvement punk devient mondial et militant représenté par exemple par : The Casualties au Mexique, les Misandao à Pékin, The Exploited en Ecosse. La musique reste l’un des meilleurs canaux de communication pour faire passer des idées contestataires, il reste une influence forte, l’essence même de la rébellion et de l’anti-conformisme dans la musique comme l’ont fait les noirs américains pour revendiquer leur place au États-Unis par le jazz, la soul… malheureusement des groupes de musique ont revendiqué le nationalisme et le nazisme qui dénotent sur les autres et donnent souvent une image négative de la musique punk même si les paroles sont crues, violentes et colériques parfois.
C’est par tout cela, qu’aujourd’hui, les nouvelles générations se réapproprient ces identités, elles influencent fortement les jeunes car finalement notre environnement, malgré ces actions, a peu changé. La crise est là et génère une créativité sans faille de mouvement toujours alternatifs et encore plus puissants qu’a l’époque et sans équivoque avec internet.
par Miss Fox







Merci pour le vaccin de rappel : punk et même skinhead ne signifient pas néonazi, chaque nom évoque une réalité propre qui mérite de ne pas être confondue. Ca fait toujours du bien de le lire, surtout quand c’est développé et appuyé par des références.